LE DROIT A LA SCOLARISATION A L ' EPREUVE DE LA DIVERSITE DES HANDICAPS

Publié le par BUREAU

Le droit à la scolarisation à l ' épreuve de la diversité des handicaps 


" Les capacités en termes de réflexion , d ' orientation spatio-temporelle , de comportement et de communication semblent constituer les éléments les plus discriminants dans la scolarité suivie " , conclut une enquete sur la trajectoire des enfants handicapés menée à la fin 2004 , juste avant l ' entrée en application de la loi du 11 février 2005 réaffirmant leur droit à la scolarisation . 

Assez logiquement , les informations collectées auprès de plus de 2.500 enfants montrent un lien fort entre la situation scolaire et le type de handicap . Les enfants intégrés dans une classe ordinaire souffrent principalement d ' une déficience motrice , viscérale , esthétiqueou fonctionnelle , et cette caractéristique se renforce avec l ' age . Les enfants acceuillis en établissement médico-éducatif ( EME ) sont plus souvent atteints d ' une déficience intellectuelle , psychique ou de l ' association des deux . Les enfants qui fréquentent une classe spécialisée en établissement ordinaire sont plus proches des seconds que des premiers . 

Six types de situation scolaire 

La scolarisation en milieu ordinaire diminue aussi avec l ' avancée en age , avec deux seuils qui infléchissent les parcours : au moment de l ' arrivée à l ' école primaire puis de l ' entrée au collège . Enfin , 40% des enfants connaissent au moins un passage entre le milieu ordinaire et le secteur médico-éducatif et 2% plusieurs . 

L ' étude distingue six types de situation scolaire d ' importance numérique inégale . Le premier groupe ( 24% de l ' effectif étudié ) est celui des enfants malades ou handicapés moteur qui bénéficient d ' une scolarité ordinaire sans accompagnement médico-social . Et cela , bien qu ' un sixième à un tiers d ' entre eux connaissent des limitations de leur autonomie pour des activités comme la marche , la station assise , l ' habillage , la nutrition ou encore souffrent d ' incontinence . La reconnaissance de leur handicap se traduit uniquement par l ' attribution de l ' AES ( allocation d ' éducation spéciale ) ou encore par le remboursement de frais de transport . 

La deuxième situation - qui concerne 7% de l ' effectif - est celle des enfants souffrant principalement d ' une déficience sensorielle , dont les parcours apparaissent très diversifiés . Mais cette caractéristique est moins liée à leur degré d ' autonomie qu ' à " l ' histoire de l ' équipement spécialisé et de l ' intégration scolaire " des déficients auditifs ou visuels en France . 

Le troisième groupe ( 5% ) est celui des adolescents présentant des troubles des apprentissages et du langage scolarisés en milieu ordinaire et sans accompagnement médico-social . 


Et les adolescents " perturbés " ? 

Quatrième situation : celle des adolescents " perturbés " , atteints d ' une pathologie psychiatrique ou de troubles du comportement , qui trouvent difficilement leur place à l ' école ( 6% ) . La majorité a été prise en charge par un ITEP ( institut thérapeutique , éducatif et pédagogique ) à l ' issue du primaire et un quart fréquente l ' école ordinaire , mais souvent avec des passages entre les deux formes de scolarité et des difficultés particulières à l ' adolescence . 

Le cinquième groupe , le plus nombreux ( 44% ) , est celui des enfants présentant une limitation des fonctions mentales mais relativement autonomes dans les activités de la vie quotidienne ( marcher , manger , s ' habiller ... ) . Les trajectoires diffèrent selon l ' age . Les plus jeunes sont souvent accueillis à l ' école ordinaire , au sein d ' une classe spécialisée ou avec l ' accompagnement d ' un Sessad ( service d ' éducation spéciale et de soins à domicile ) . Par la suite , ils passent en institut médico-éducatif , soit dès l ' age de 6 ans et demi pour les moins autonomes , soit vers l ' age de 11ans en moyenne .

Reste la situation des enfants le plus lourdement handicapés ( 14% de l ' effectif ) , atteints de troubles envahissants du développement ou de handicaps multiples atteignant leurs facultés intellectuelles ( polyhandicapés ) ou non ( plurihandicapés ) , et qui ne connaissent aucune intégration en milieu ordinaire . La plupart sont pris en charge en établissement spécialisé . Mais un sur huit reste à domicile " sans solution " , c ' est à dire sans aucune prise en charge médico-sociale .

Au moment ou les pouvoirs publics ont décidé de donner la priorité à l ' intégration au milieu ordinaire , ce panorama rapelle opportunément la diversité des handicaps et des enjeux .

 

Source : A.S.H. N° 2516 du 06 Juillet 2007

 

 

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