LES " SENIORS " RESTENT VICTIMES DES DISCRIMINATIONS ET DES RESTRUCTURATIONS

Publié le par BUREAU

Mardi 14 Aout 2007 

A.F.P. 

Les " séniors " restent victimes des discriminations et des restructurations 


L ' emploi des " seniors " est toujours à la traine en France , malgré un plan engagé sous le gouvernement Villepin , en raison de la persistance des discriminations liées à l ' age , des plans de préretraite lancés dans certaines entreprises et du système de " dispenses de recherche d ' emploi " . 

Si l ' entraineur du RC Lens , Guy Roux , 68 ans , a obtenu une dérogation à la limite d ' age imposée par les instances sportives , bien des " quinquas " aimeraient simplement pouvoir travailler jusqu ' à la retraite légale , à l ' instar du chomeur de 46 ans parti mardi pour une traversée de la France à vélo . 

" Il faut que les séniors soient en situation de travail au moment ou ils prennent leur retraite , et pas au chomage , en préretraite ou en dispense de recherche d ' emploi ( DRE ) ; il y a un effort considérable à demander aux entreprises " , estime ainsi le président du Conseil d ' orientation des retraites ( COR ) , Raphael Hadas-Lebel . 

Fin juin , la France comptait officiellement quelque 700.000 personnes de plus de cinquante ans au chomage ou dispensés de recherche d ' emploi . Mais le problème global de l ' inactivité des séniors est plus ample : il faudrait ainsi inclure certains Rmistes , certains cas d ' invalidité ou longue maladie , les chomeurs des Dom-Tom . 

Le plan lancé il y a un an par le gouvernement Villepin n ' a pas changé profondément la situation française , ou le taux d ' activité des 55-64 ans stagne toujours autour de 38% , loin de l ' objectif européen de 50% en 2010 . 

Ce plan 2006-2010 prévoyait la création d ' un " CDD senior " et la suppression , début 2008 , de la taxe Delalande sur le licenciement des salariés agés . 

Le CDD destiné aux plus de 57 ans reste pour l ' instant inusité . Et la suppression de la contribution Delalande , qui vise à encourager les entreprises à embaucher des salariés agés , est vu par plusieurs syndicats comme une moindre protection face aux licenciements . 

Or , dans de nombreux secteurs d ' activité , l ' on est considéré comme " senior " de plus en plus jeune , dès 40 ans , voire 35 ans . 

Dans la liste des discriminations à l ' embauche , le facteur d ' age arrive en tete , un candidat de 48-50 ans obtenant trois fois moins de réponses qu ' un jeune de 28-30 ans , et meme presque dix fois moins pour un poste de cadre . 

Alors que le gouvernement mise sur le travail des seniors pour combler le déficit de la branche retraites de la Sécurité sociale , Nicolas Sarkosy a souhaité en juin la disparition " au plus vite " des préretraites ainsi que des dispenses de recherche d ' emploi ( DRE ) , accordées aux chomeurs de plus de 57,5 ans . 

Le cout de ces deux dispositifs est évalué par l ' Elysée à 5 milliards d ' euros . Les DRE sont financés aux deux tiers par le régime d ' assurance-chomage ( Unedic ) . 

L ' arret progressif des dispositifs publics de cessation anticipée d ' activité a fait reculer le nombre des préretraites financées par l ' Etat à 31.900 fin juin ( - 31% sur un an ) selon l ' Unedic . Mais les entreprises continuent à y recourir pour réduire les effectifs sans licencier , meme si elles leur coutent plus cher . 

François Fillon a affirmé en juin que le gouvernement " mettrait la pression sur les entreprises pour qu ' elles gardent leurs salariés jusqu ' à l ' age de la retraite " , menacant " de mettre en place des obligations " et d ' augmenter les cotisations retraite des plus récalcitrants . 

Autre cible du gouvernement : les DRE , dont le nombre des bénéficiaires atteignaient 410.700 fin juin . Supprimer ce dispositif reviendrait cependant à réintégrer plus de 400.000 personnes dans les statistiques du chomage .
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Publié dans DISCRIMINATIONS

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