MALTRAITANCE : LES MAISONS DE RETRAITE , SUR LA SELLETTE , SE DEFENDENT

Publié le par BUREAU

Mercredi 22/10/2008

AFP

Maltraitance : les maisons de retraite , sur la sellette , se défendent



L ' émission de France 2 sur la maltraitance des personnes agées en maison de retraite mercredi soir suscite un profond émoi parmi les directeurs d ' établissements qui refusent d ' etre stigmatisés et demandent du personnel supplémentaire .


Le documentaire plonge dans la vie quotidienne d ' une maison de retraite grace à une caméra cachée et révèle des situations choquantes de maltraitance . Il a suscité des réactions du gouvernement , qui a annoncé des sanctions , et des associations de familles et de professionnels , qui condamnent le manque de personnel et une formation insuffisante .


Brutalités , négligences , humiliations : la maltraitance des personnes agées a été longtemps méconnue , voire niée . Les victimes sont peu entendues , ou hésitent à se plaindre de peur de représailles . Quand elles témoignent , elles mettent en avant la honte , la douleur , le sentiment d ' etre infantilisées .


Des livres pamphlets ( " On tue les vieux " , Fayard , 2006 ) , des " affaires " mettant en cause des établissements , ont mis en lumière le phénomène . Le gouvernement , en mars 2007 , a renforcé les controles , que la secrétaire d ' Etat à la Solidarité Valérie Létard veut rendre " anonymes " pour 80% d ' entre eux .


Les professionnels ont mal vécu cette mise en cause médiatique , mais plus encore , l ' annonce de sanctions par Valérie Létard , au moment ou , disent-ils , le gouvernement " baisse les moyens accordés aux établissements " .


" Si c ' est pour faire bouger les choses , cette émission est très utile " , affirme à l ' AFP Pascal Champvert , président de l ' AD-PA ( directeurs d ' établissements et services ) . " Elle cible des choses qu ' on voit dans une grande majorité d ' établissements , reconnait-il , mais au lieu de chercher des solutions , le gouvernement parle sanctions pour faire oublier ses responsabilités " .


Les directeurs d ' établissements , mais aussi les associations représentant les familles reprochent au gouvernement de " nier la réalité du terrain : manque de personnels et formation insuffisante " .


France-Alzheimer rappelle qu ' en France , on compte " 4,5 professionnels pour 10 résidents alors que ce ratio est de 8 à 12 dans les autres pays européens de taille comparable " .


" On n ' a jamais eu un taux d ' augmentation des crédits accordés pour les personnes agées aussi bas dans un projet de loi de finances de la sécurité sociale depuis 2000 " , affirme M. Champvert .


Les accusations de maltraitance surviennent en effet alors alors qu ' un collectif de 31 organisations du secteur personnes agées et handicapées protestent contre les moyens accordés pour 2009 , " qui ne permettront pas de rattraper les retards français " .


Alors que le gouvernement affiche une augmentation de 6,3% ( dont 8% pour les personnes agées ) , les " 31 " estiment que la hausse est " virtuelle " car les crédits non consommés sont depuis plusieurs années " récupérés " et ne servent pas aux personnes agées .


" En fait , l ' augmentation pour 2009 n ' est que de 4,5% alors que le nombre de personnes agées dépendantes augmente de 7% par an " , selon l ' AD-PA .


Le manque de personnel est important mais n ' est pas un argument suffisant " , juge Catherine Maury , responsable du 3977 ( numéro maltraitance ) , pour qui comptent aussi " l ' organisation des équipes , les consignes données et la formation " .


Le besoin de formation fait l ' unanimité . Sur ce point , Valérie Létard a promis sur trois ans 132 millions d ' euros pour former les 250.000 professionnels du secteur à des " techniques d ' accompagnement personnalisé " .

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