L ' ACCOMPAGNEMENT , POINT FAIBLE DE LA SCOLARISATION DES ENFANTS HANDICAPES

Publié le par BUREAU

Vendredi 29/08/2008

AFP

L ' accompagnement , point faible de la scolarisation des enfants handicapés



La scolarisation des enfants handicapés progresse mais laisse insatisfaits nombre de parents , tandis que la grogne monte chez les personnels accompagnant les enfants , les AVS ( auxiliaires de vie scolaire ) , qui réclament un statut pérenne et une meilleure formation .

 

Quelques heures par semaine ou à temps complet , en classe ordinaire ou d ' intégration ( CLIS dans le primaire et UPI dans le second degré ) , de plus en plus d ' enfants handicapés apprennent et jouent aux cotés d ' enfants valides .

 

De 89.000 en 2002-2003 , leur nombre est passé de 162.000 en 2007-2008 , et pour cette rentrée , le système éducatif en accueillera 10.000 de plus .

 

Mais l ' application " à grande échelle " de la loi de 2005 , qui contraint l ' Education nationale à accueillir les enfants handicapés selon leurs besoins , " pose problème : il n ' y a pas mauvaise volonté mais manque de moyens " , estime Joel Devoulon , secrétaire national du SGEN-CFDT .

" S ' il faut intégrer des situations complexes de handicap , on ne sait pas faire , il y a un vrai déficit de formation " , dit-il notamment .

Le nombre d ' auxiliaires de vie scolaire ( AVS ) , qui accompagnent cette année plus de 35.000 élèves lourdement handicapés , a augmenté , mais insuffisamment , selon les associations de parents .

2.000 nouveaux contrats ( en équivalent plein ) sont prévus cette rentrée , portant leur nombre à 18.300 , ce qui représente 22.000 personnes en raison des nombreux temps partiels .

Nombre de parents vont vivre une nouvelle rentrée décevante , comme ceux de Rosalie Lepretre , 6 ans , dans le Loir-et-Cher .

Handicapée psycho-moteur , la petite fille qui entre en dernière année de maternelle , s ' est vu accorder une auxiliaire pour 3 demi-journées par semaine , une de moins que l ' année dernière , alors que la MDPH ( maison départementale des personnes handicapées ) a recommandé un temps complet .

" L ' inspection d ' académie nous a dit que nous n ' avions pas à nous plaindre , car 30 enfants n ' auront pas d ' AVS sur le département " , raconte son père Claude Lepretre à l ' AFP .

Chez les auxiliaires , le ton grogne . Organisés depuis un an au sein de l ' Unaisse , ils protestent contre leur statut précaire , qui conduit à un " turnover " important , " néfaste " pour les enfants .

" Pour remplir notre role , apaiser l ' enfant quand il est inquiet , reformuler les consignes , nous devons établir une relation de confiance sur la durée " , explique Cécile Lambert , auxiliaire auprès de 4 enfants dans trois écoles de Mazamet ( Tarn ) .

" Mon CAE ( contrat d ' accompagnement vers l ' emploi ) s ' arrete le 22 mars 2009 , en pleine semaine . Je serai remplacé par un débutant que les enfants ne connaissent pas , et moi qui ai acquis de l ' expérience , je suis obligée de partir " , dit-elle .

L ' Unaisse plaide pour la création d ' un " métier de l ' accompagnement " des enfants handicapés , à l ' école et dans les loisirs .

Les AVS sont en effet pour moitié assistants d ' éducation dépendant de l ' Education nationale , dont les contrats ne peuvent dépasser 6 ans , pour l ' autre moitié emplois aidés ( CAE ou contrat d ' avenir ) , de deux ans maximum .

Plusieurs milliers de contrats , selon l ' Unaisse , arrivent à terme en 2009 . Des organisations d ' enseignants et des associations se sont inquiétés auprès du ministre de l ' Education de l ' avenir de ces personnels .

Un statut , disent aussi les auxilaires de vie scolaire , leur offrirait une meilleure formation . Aujourd ' hui , disent-ils , les 60 heures dispensées , le plus souvent après l ' arrivée dans l ' emploi , sont insuffisantes .

 

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