MALADIES DE LONGUE DUREE : UNE EVENTUELLE REFORME DIVISE PATIENTS ET MEDECINS
Mardi 11 Décembre 2007
AFP
Maladies de longue durée : une éventuelle réforme divise patients et médecins
Une éventuelle mise en cause de la prise en charge à 100% des maladies de longue durée comme le diabète , le sida ou l ' Alzheimer , divise les associations de patients et les professionnels de santé .
La Haute autorité de santé ( HAS ) s ' est prononcée lundi pour une
" réforme d ' ensemble " d ' ici à deux ans du dispositif de prise en charge des affections de longue durée ( ALD ) . Celui-ci , qui concerne près de 8 millions de personnes et 60% des remboursements de la " Sécu " , vise notamment à favoriser la prévention .
La ministre de la Santé , Roselyne Bachelot , a aussitot annoncé que " toute décision en ce domaine doit etre réfléchie et concertée " et tenir compte , en cas de réforme , des sommes qu ' auraient à payer les patients de leur poche ainsi que des dépassements d ' honoraires réclamés par les médecins .
Le président du collectif d ' associations d ' usagers de la santé ( Ciss ) , Christian Saout a déclaré à l ' AFP etre partisan d ' une réforme , le système actuel risquant " l ' explosion en plein vol " .
" Avec les critères tels qu ' ils sont aujourd ' hui , on va arriver à 12 millions de personnes en ALD rapidement ( ... ) . On n ' aura pas les moyens de financer ça . L ' assurance maladie a été créée pour les cas aigus ( ... ) L ' explosion des maladies chroniques rend nécessaire la recherche de solutions innovantes " , selon lui .
Cette réforme n ' est cependant " pas possible si l ' on n ' encadre pas les dépassements " d ' honoraires exigés par certains médecins ni sans un
" bouclier sanitaire " limitant l ' ensemble des dépenses de santé payées par les patients , y compris ces dépassements , a encore dit M. Saout .
En revanche , Fabien Giraudeau , d ' Act Up ( VIH /sida ) a défendu la prise en charge à 100% des ALD afin d ' éviter des aggravations rapides des maladies qui , en outre , couteraient plus cher à l ' assurance maladie .
" C ' est important quand on a une affection qui peut devenir grave ou chronique d ' etre pris en charge à 100% tout de suite car ça vous encourage à vous prendre en charge " , a-t-il déclaré à l ' AFP , citant l ' exemple des séropositifs .
" Meme si les symptomes ne sont pas encore apparus , au moindre mal de tete , vous irez voir un médecin . Vous allez aussi faire très régulièrement vos analyses , vous allez etre plus observant , si vous ne payez rien " , a-t-il affirmé .
Au contraire , pour le président du principal syndicat de médecins libéraux , la CSMF , Michel Chassang , " ce lien financier direct entre ALD et prise en charge est quelque chose de dépassé " .
" On voit bien que le système est à bout de souffle " , a-t-il affirmé à l ' AFP , qualifiant la proposition de la HAS de " piste très intéressante " , à condition qu ' elle s ' accompagne d ' un " bouclier sanitaire proportionnel aux revenus " .
Enfin , le médecin généraliste Christian Lehmann , auteur d ' ouvrages sur la santé , comme " Patients , si vous saviez ... " , a défendu le système d ' ALD , soulignant qu ' " on n ' arrete pas de dire , le président de la République en tete , que le système français de santé ne fait pas assez de place à la prévention " .
Citant l ' exemple d ' un diabétique devant faire des examens coutants , " plusieurs centaines d ' euros " pour prévenir un éventuel infarctus , il a précisé à l ' AFP que " s ' il n ' a pas beaucoup d ' argent et n ' est pas pris en ALD , c ' est tout simplement impossible " . " Après l ' infarctus , il va couter 3.000 euros par jour en service de réanimation " , a-t-il ajouté .
AFP
Maladies de longue durée : une éventuelle réforme divise patients et médecins
Une éventuelle mise en cause de la prise en charge à 100% des maladies de longue durée comme le diabète , le sida ou l ' Alzheimer , divise les associations de patients et les professionnels de santé .
La Haute autorité de santé ( HAS ) s ' est prononcée lundi pour une
" réforme d ' ensemble " d ' ici à deux ans du dispositif de prise en charge des affections de longue durée ( ALD ) . Celui-ci , qui concerne près de 8 millions de personnes et 60% des remboursements de la " Sécu " , vise notamment à favoriser la prévention .
La ministre de la Santé , Roselyne Bachelot , a aussitot annoncé que " toute décision en ce domaine doit etre réfléchie et concertée " et tenir compte , en cas de réforme , des sommes qu ' auraient à payer les patients de leur poche ainsi que des dépassements d ' honoraires réclamés par les médecins .
Le président du collectif d ' associations d ' usagers de la santé ( Ciss ) , Christian Saout a déclaré à l ' AFP etre partisan d ' une réforme , le système actuel risquant " l ' explosion en plein vol " .
" Avec les critères tels qu ' ils sont aujourd ' hui , on va arriver à 12 millions de personnes en ALD rapidement ( ... ) . On n ' aura pas les moyens de financer ça . L ' assurance maladie a été créée pour les cas aigus ( ... ) L ' explosion des maladies chroniques rend nécessaire la recherche de solutions innovantes " , selon lui .
Cette réforme n ' est cependant " pas possible si l ' on n ' encadre pas les dépassements " d ' honoraires exigés par certains médecins ni sans un
" bouclier sanitaire " limitant l ' ensemble des dépenses de santé payées par les patients , y compris ces dépassements , a encore dit M. Saout .
En revanche , Fabien Giraudeau , d ' Act Up ( VIH /sida ) a défendu la prise en charge à 100% des ALD afin d ' éviter des aggravations rapides des maladies qui , en outre , couteraient plus cher à l ' assurance maladie .
" C ' est important quand on a une affection qui peut devenir grave ou chronique d ' etre pris en charge à 100% tout de suite car ça vous encourage à vous prendre en charge " , a-t-il déclaré à l ' AFP , citant l ' exemple des séropositifs .
" Meme si les symptomes ne sont pas encore apparus , au moindre mal de tete , vous irez voir un médecin . Vous allez aussi faire très régulièrement vos analyses , vous allez etre plus observant , si vous ne payez rien " , a-t-il affirmé .
Au contraire , pour le président du principal syndicat de médecins libéraux , la CSMF , Michel Chassang , " ce lien financier direct entre ALD et prise en charge est quelque chose de dépassé " .
" On voit bien que le système est à bout de souffle " , a-t-il affirmé à l ' AFP , qualifiant la proposition de la HAS de " piste très intéressante " , à condition qu ' elle s ' accompagne d ' un " bouclier sanitaire proportionnel aux revenus " .
Enfin , le médecin généraliste Christian Lehmann , auteur d ' ouvrages sur la santé , comme " Patients , si vous saviez ... " , a défendu le système d ' ALD , soulignant qu ' " on n ' arrete pas de dire , le président de la République en tete , que le système français de santé ne fait pas assez de place à la prévention " .
Citant l ' exemple d ' un diabétique devant faire des examens coutants , " plusieurs centaines d ' euros " pour prévenir un éventuel infarctus , il a précisé à l ' AFP que " s ' il n ' a pas beaucoup d ' argent et n ' est pas pris en ALD , c ' est tout simplement impossible " . " Après l ' infarctus , il va couter 3.000 euros par jour en service de réanimation " , a-t-il ajouté .
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