LES PARENTS SE MOBILISENT POUR UN MEILLEUR ACCUEIL DES ENFANTS AUTISTES
Samedi 20 octobre 2007
A.F.P.
Les parents se mobilisent pour un meilleur accueil des enfants autistes
Les parents d ' enfants autistes se mobilisent contre le retard de la France dans une prise en charge " adaptée " de l ' autisme et comptent sur l ' ouverture d ' une instruction judiciaire pour " discrimination " , à la suite d ' une plainte de plusieurs d ' entre eux , pour sensibiliser l ' opinion .
Cent soixante familles ont demandé à témoigner de leur parcours difficile et trente veulent s ' associer à la plainte pour " discrimination " déposée à Paris en septembre 2006 par l ' association " Léa pour Samy "-la Voix de l ' enfant autiste , a affirmé samedi son président M ' Hammed Sajidi , lors d ' un rassemblement devant l ' Hotel de ville de Paris .
Cette plainte a été jugée recevable et le parquet de Paris a ouvert le 26 juillet une information judiciaire , confiant l ' instruction au pole santé du tribunal de grande instance .
C ' est " une grande victoire , notre objectif est de faire reconnaitre par la justice un défaut de soins de l ' Etat envers les enfants autistes " , affirme M. Sajidi .
L ' association " Léa pour Samy " organisait samedi pour la cinquième année consécutive une " marche de l ' espérance " , destinée à sensibiliser l ' opinion publique , les professionnels et les pouvoirs publics sur le " retard de la France " dans une prise en charge " adaptée " des enfants autistes .
L ' accueil des enfants autistes souffre , disent-ils , d ' un manque de moyens , mais surtout de l ' insuffisance de diagnostic précoce , et d ' une " psychiatrisation " de la maladie .
" En France , les enfants autistes sont dirigés vers l ' hopital psychiatrique , tout le budget est attribué au sanitaire , et l ' Education nationale qui est censée accueillir les enfants depuis la loi Handicap de 2005 ne sait pas faire et n ' a pas les moyens " affirme M. Sajidi .
Pour Myriam Comte , mère de Louis , 8 ans , " il n ' y avait pas d ' autre alternative , c ' était l ' hopital de jour et le suivi par des psychiatres ou rien " . " J ' ai vécu un cauchemar " , dit-elle .
Quand son fils a eu 2 ans , les troubles ont commencé , cela se passait en maternelle . " On m ' a parlé de psychose infantile , personne n ' a prononcé le mot + autisme + , et Louis a été placé à 5 ans en hopital de jour à Saint-Anne " .
Elle refuse d ' en rester là et rencontre le pédopsychiatre Marcel Rufo , qui la dirige vers les méthodes comportementales , plébiscitées aux Etats-Unis et dans les pays du nord de l ' Europe .
Aujourd ' hui , Louis est en CLIS ( classe spécialisé en milieu ordinaire ) , suivi en permanence par un psychologue . Mais le prix à payer est élevé , " 2.000 euros par mois " , dit sa mère , en partie remboursé par l ' allocation d ' éducation d ' enfant handicapée ( AEEH ) , et sa mère a cessé de travailler .
Cette situation conduit de nombreuses familles à scolariser leurs enfants en Belgique , au prix parfois d ' un déménagement , comme pour Odile Dewever , mère d ' Allissa , 9 ans .
" On m ' a fait suivre une psychothérapie pendant des années pour expliquer la + psychose infantile + d ' Alissa , mais personne ne me répondait quand je demandais ce que je pouvais faire pour ma fille " , raconte-t-elle . " J ' ai déménagé dans le nord et inscrit la petite dans une école pour enfants handicapés en Belgique , ou un taxi l ' amène tous les jours , mais je ne décolère pas " .
Selon l ' association Léa pour Samy , quelque 3.000 enfants handicapés sont scolarisés en Belgique , dont une grande partie sont autistes .
Si des progrès récents sont réalisés pour un meilleur accompagnement des enfants autistes , seulement 10% des enfants autistes en age d ' aller à l ' école " bénéficient d ' une intégration scolaire " , selon une étude d ' avril 2005 du ministère de la Santé .
A.F.P.
Les parents se mobilisent pour un meilleur accueil des enfants autistes
Les parents d ' enfants autistes se mobilisent contre le retard de la France dans une prise en charge " adaptée " de l ' autisme et comptent sur l ' ouverture d ' une instruction judiciaire pour " discrimination " , à la suite d ' une plainte de plusieurs d ' entre eux , pour sensibiliser l ' opinion .
Cent soixante familles ont demandé à témoigner de leur parcours difficile et trente veulent s ' associer à la plainte pour " discrimination " déposée à Paris en septembre 2006 par l ' association " Léa pour Samy "-la Voix de l ' enfant autiste , a affirmé samedi son président M ' Hammed Sajidi , lors d ' un rassemblement devant l ' Hotel de ville de Paris .
Cette plainte a été jugée recevable et le parquet de Paris a ouvert le 26 juillet une information judiciaire , confiant l ' instruction au pole santé du tribunal de grande instance .
C ' est " une grande victoire , notre objectif est de faire reconnaitre par la justice un défaut de soins de l ' Etat envers les enfants autistes " , affirme M. Sajidi .
L ' association " Léa pour Samy " organisait samedi pour la cinquième année consécutive une " marche de l ' espérance " , destinée à sensibiliser l ' opinion publique , les professionnels et les pouvoirs publics sur le " retard de la France " dans une prise en charge " adaptée " des enfants autistes .
L ' accueil des enfants autistes souffre , disent-ils , d ' un manque de moyens , mais surtout de l ' insuffisance de diagnostic précoce , et d ' une " psychiatrisation " de la maladie .
" En France , les enfants autistes sont dirigés vers l ' hopital psychiatrique , tout le budget est attribué au sanitaire , et l ' Education nationale qui est censée accueillir les enfants depuis la loi Handicap de 2005 ne sait pas faire et n ' a pas les moyens " affirme M. Sajidi .
Pour Myriam Comte , mère de Louis , 8 ans , " il n ' y avait pas d ' autre alternative , c ' était l ' hopital de jour et le suivi par des psychiatres ou rien " . " J ' ai vécu un cauchemar " , dit-elle .
Quand son fils a eu 2 ans , les troubles ont commencé , cela se passait en maternelle . " On m ' a parlé de psychose infantile , personne n ' a prononcé le mot + autisme + , et Louis a été placé à 5 ans en hopital de jour à Saint-Anne " .
Elle refuse d ' en rester là et rencontre le pédopsychiatre Marcel Rufo , qui la dirige vers les méthodes comportementales , plébiscitées aux Etats-Unis et dans les pays du nord de l ' Europe .
Aujourd ' hui , Louis est en CLIS ( classe spécialisé en milieu ordinaire ) , suivi en permanence par un psychologue . Mais le prix à payer est élevé , " 2.000 euros par mois " , dit sa mère , en partie remboursé par l ' allocation d ' éducation d ' enfant handicapée ( AEEH ) , et sa mère a cessé de travailler .
Cette situation conduit de nombreuses familles à scolariser leurs enfants en Belgique , au prix parfois d ' un déménagement , comme pour Odile Dewever , mère d ' Allissa , 9 ans .
" On m ' a fait suivre une psychothérapie pendant des années pour expliquer la + psychose infantile + d ' Alissa , mais personne ne me répondait quand je demandais ce que je pouvais faire pour ma fille " , raconte-t-elle . " J ' ai déménagé dans le nord et inscrit la petite dans une école pour enfants handicapés en Belgique , ou un taxi l ' amène tous les jours , mais je ne décolère pas " .
Selon l ' association Léa pour Samy , quelque 3.000 enfants handicapés sont scolarisés en Belgique , dont une grande partie sont autistes .
Si des progrès récents sont réalisés pour un meilleur accompagnement des enfants autistes , seulement 10% des enfants autistes en age d ' aller à l ' école " bénéficient d ' une intégration scolaire " , selon une étude d ' avril 2005 du ministère de la Santé .
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