MAINTENIR LES " GESTES QUOTIDIENS " , PRIORITE POUR LES MALADES D ' ALZHEIMER

Publié le par BUREAU

Jeudi 20 Septembre 2007 

A.F.P. 

Maintenir les " gestes quotidiens " , priorité pour les malades d ' Alzheimer 


Plier du linge ou cueillir des fraises : dans six maisons de retraite spécialisées de Bretagne , les personnes agées atteintes par la maladie d ' Alzheimer sont encouragées à continuer à effectuer des taches simples pour tenter de ralentir la pathologie . 

Dans la résidence Kerélys de Betton , près de Rennes , " les 28 résidents sont à un stade de dépendance trop élevé pour qu ' on organise des ateliers mémoires " , explique Odile Kerdelant , l ' une de ses responsables . " Nous cherchons à maintenir les acquis , en leur laissant plier du linge ou en organisant des sorties " . 

Disséminées en Bretagne , les six maisons Kerélys , gérées par Argo , une association à but non lucratif fondée à l ' initiative des HLM , défendent une logique " d ' accompagnement " plutot que de " soins " . 

Leur organisation est conçue pour permettre aux pensionnaires désorientés de retrouver leur chambre de 22 M2 : photo sur la porte , couloir circulaire autour d ' un patio et digicode à la sortie de cette résidence de deux étages . 

Installés dans leurs propres meubles , les pensionnaires doivent débourser 1.700 euros par mois ( aides déduites ) contre 1.000 à 2.700 dans d ' autres structures , ce qui représente " un très bon rapport qualité-prix " selon l ' association France Alzheimer Morbihan . 

" Nous sommes très , très bien ici . L ' autre jour on est allé cueillir des fraises , j ' en ai chipé quelques-unes " , témoigne Micheline , 89 ans , en attendant le départ pour le marché . 

" Ce qui me plait , c ' est qu ' on peut toucher à tout " , confie Jeanine , 86 ans , dans l ' une des deux salles communes lumineuses et confortables , tandis que Paulette parcourt le couloir à grands pas pour apaiser ses angoisses . Plusieurs résidents ne peuvent toutefois plus se déplacer ni parler . 

" Ici on ne va pas s ' alarmer parce qu ' un objet a disparu d ' une chambre pour réapparaitre dans une autre ou parce qu ' un placard a été vidé , explique Carole Sauvée , la directrice de l ' établissement . 

" Si une personne déclare vouloir aller chercher ses enfants à l ' école , on commence par aller dans son sens . On l ' emmène se promener dans le couloir . On lui fait parler de ses souvenirs avec ses enfants . C ' est ainsi qu ' on évite les mises en échec et l ' agressivité " poursuit-elle . 

Cette démarche nécessite de disposer d ' effectifs importants : les établissements Kerélys fonctionnent avec un ratio de 0,7 encadrant pour un pensionnaire . 

" Là ou je travaillais avant avec 2 aides soignants pour 40 pensionnaires , nous avions 12 minutes par chambre , le matin . N ' ayant pas le temps d ' effectuer les taches avec le pensionnaire , nous faisions tout nous meme " témoigne Céline Raux , une aide soignante . 

Les listes d ' attente pour les six résidences Kerélys sont longues , illustrant le manque criant d ' infrastructures de ce type en France . Huit résidences sont en projet , approuvées par les autorités sanitaires et sociales , mais en attente , faute de financement de l ' Etat . 

La France a beau avoir annoncé trois plans Alzheimer en six ans , " les crédits ne suivent pas " déplore Pascale Maestraci , directrice d ' Argo . 

Au delà , France Alzheimer attend aussi du plan récemment annoncé par le président Sarkosy qu ' il augmente les aides car " tout le monde ne peut pas payer 1.700 euros par mois " .
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Publié dans alzheimer

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