LES MAISONS DU HANDICAP DEPASSEES PAR LA DEMANDE
LE PARISIEN , Mercredi 27 Juin 2007
Les maisons du handicap dépassées par la demande
Thérapie de groupe Cible de nombreuses critiques d ' usagers depuis leur mise en place début 2007 , les directeurs des maisons départementales des personnes handicapées ( MDPH ) d ' Ile-de-France et de tout l ' Héxagone se sont réunis hier à huit clos , à Paris . Avant , éventuellement , de se constituer en association , ils devaient partager leurs doutes et difficultés à mettre en oeuvre l ' ambitieuse loi sur le handicap du 11 février 2005 . Ce texte a prévu la scolarisation des enfants handicapés dans l ' école de leur secteur , établi l ' accessibilité de tous les batiments publics aux handicapés et imposé l ' égalité des chances en matière d ' emploi , de services publics , etc...
Toutes ces dispositions sont gérées par les MDPH .
" Nous connaissons tous des problématiques similaires , détaille Christine Duprès , directrice de la MDPH de Seine et Marne . Si personne ne conteste la pertinence de la loi , il semblerait qu ' il existe une inadéquation criante entre les objectifs que l ' on nous a assignés et les moyens quantitatifs et qualitatifs dont nous disposons " .
Une " inadéquation " qui conduit à un paradoxe : créée pour améliorer le quotidien des handicapés et faciliter leurs démarches devant un guichet unique , la MDPH serait devenue un cauchemar pour les usagers . Auparavant les dossiers étaient gérés par la Cotorep ( Commission technique d ' orientation et de reclassement professionnel ) et , pour les enfants , par la commission départementale d ' éducation spéciale ( CDES ) .
" On est passés d ' une logique de distribution d ' allocations à une logique dans laquelle la personne est au centre du dispositif , explique Gérard Bernheim , vice-président du conseil général de Seine et Marne en charge des solidarités et de la santé . La MDPH prend désormais en compte le projet de vie de l ' individu , au lieu de saucisonner les prestations entre l ' éducation , les transports , etc... "
Retard dans les dossiers , rupture des prestations , usagers perdus ...
Hélas , cette ambition généreuse a accouché d ' un sac de noeuds . Retard dans les dossiers , ruptures des prestations , usagers perdus ...
" A chaque fois que j ' appelle , le standart est saturé " , témoigne une mère de famille seine et marnaise . " Le dossier de carte d ' invalidité que j ' ai déposé en février 2006 a été perdu trois fois , puis retrouvé non traité au fond d ' un tiroir , en avril " peste une autre . " Les demandes d ' auxiliaires de vie scolaire , qui secondent les enfants handicapés à l ' école , n ' ont pour la plupart pas été traitées , s ' alarme encore une institutrice . Beaucoup ne pourront etre scolarisés en milieu ordinaire l ' an prochain et les parents ne sont pas au courant " .
Un flot de critiques qui use les personnels des MDPH , en Seine et Marne comme dans de nombreux départements . " Une centaine d ' agents d ' Etat rattachés aux MDPH , un peu partout en France , ont demandé leur mutation " explique le sénateur des Pyrénées-Orientales Paul Blanc ( UMP ) , qui présentait hier après-midi au Sénat un rapport sur le sujet .
" Il faut dire que les MDPH ont hérité , en janvier 2006 , de quelque 600.000 dossiers laissés en souffrance par leurs prédécesseurs des Cotorep . Les temps de traitement des demandes varient de un à neuf mois selon les départements " .
En Seine et Marne , ou l ' on recense 86.000 handicapés , soit 7% de la population , il faut compter huit mois de latence . Au début de l ' année , le conseil général avait proposé de détacher trente-six agents à la structure départementale mais seulement vingt se sont portés volontaires . Par ailleurs , trois employés sur quatre-vingts ont déjà quitté le navire .
Les maisons du handicap dépassées par la demande
Thérapie de groupe Cible de nombreuses critiques d ' usagers depuis leur mise en place début 2007 , les directeurs des maisons départementales des personnes handicapées ( MDPH ) d ' Ile-de-France et de tout l ' Héxagone se sont réunis hier à huit clos , à Paris . Avant , éventuellement , de se constituer en association , ils devaient partager leurs doutes et difficultés à mettre en oeuvre l ' ambitieuse loi sur le handicap du 11 février 2005 . Ce texte a prévu la scolarisation des enfants handicapés dans l ' école de leur secteur , établi l ' accessibilité de tous les batiments publics aux handicapés et imposé l ' égalité des chances en matière d ' emploi , de services publics , etc...
Toutes ces dispositions sont gérées par les MDPH .
" Nous connaissons tous des problématiques similaires , détaille Christine Duprès , directrice de la MDPH de Seine et Marne . Si personne ne conteste la pertinence de la loi , il semblerait qu ' il existe une inadéquation criante entre les objectifs que l ' on nous a assignés et les moyens quantitatifs et qualitatifs dont nous disposons " .
Une " inadéquation " qui conduit à un paradoxe : créée pour améliorer le quotidien des handicapés et faciliter leurs démarches devant un guichet unique , la MDPH serait devenue un cauchemar pour les usagers . Auparavant les dossiers étaient gérés par la Cotorep ( Commission technique d ' orientation et de reclassement professionnel ) et , pour les enfants , par la commission départementale d ' éducation spéciale ( CDES ) .
" On est passés d ' une logique de distribution d ' allocations à une logique dans laquelle la personne est au centre du dispositif , explique Gérard Bernheim , vice-président du conseil général de Seine et Marne en charge des solidarités et de la santé . La MDPH prend désormais en compte le projet de vie de l ' individu , au lieu de saucisonner les prestations entre l ' éducation , les transports , etc... "
Retard dans les dossiers , rupture des prestations , usagers perdus ...
Hélas , cette ambition généreuse a accouché d ' un sac de noeuds . Retard dans les dossiers , ruptures des prestations , usagers perdus ...
" A chaque fois que j ' appelle , le standart est saturé " , témoigne une mère de famille seine et marnaise . " Le dossier de carte d ' invalidité que j ' ai déposé en février 2006 a été perdu trois fois , puis retrouvé non traité au fond d ' un tiroir , en avril " peste une autre . " Les demandes d ' auxiliaires de vie scolaire , qui secondent les enfants handicapés à l ' école , n ' ont pour la plupart pas été traitées , s ' alarme encore une institutrice . Beaucoup ne pourront etre scolarisés en milieu ordinaire l ' an prochain et les parents ne sont pas au courant " .
Un flot de critiques qui use les personnels des MDPH , en Seine et Marne comme dans de nombreux départements . " Une centaine d ' agents d ' Etat rattachés aux MDPH , un peu partout en France , ont demandé leur mutation " explique le sénateur des Pyrénées-Orientales Paul Blanc ( UMP ) , qui présentait hier après-midi au Sénat un rapport sur le sujet .
" Il faut dire que les MDPH ont hérité , en janvier 2006 , de quelque 600.000 dossiers laissés en souffrance par leurs prédécesseurs des Cotorep . Les temps de traitement des demandes varient de un à neuf mois selon les départements " .
En Seine et Marne , ou l ' on recense 86.000 handicapés , soit 7% de la population , il faut compter huit mois de latence . Au début de l ' année , le conseil général avait proposé de détacher trente-six agents à la structure départementale mais seulement vingt se sont portés volontaires . Par ailleurs , trois employés sur quatre-vingts ont déjà quitté le navire .
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