NOUVEL ESPOIR DANS LA TRANSPLANTATION RENALE
Mardi 14/10/2008
Associated Press
Nouvel espoir dans la transplantation rénale
De nouveaux traitements porteurs d ' espoir devraient permettre de réaliser des transplantations rénales sue des patients qui jusque-là n ' y avaient pas droit car leur corps attaquait l ' organe greffé de façon anormale . Cynthia Preloh leur doit la vie . A 50 ans , cette femme diabétique sous dialyse rénale et dont les reins étaient détruits a pu recevoir le rein de son fils .
Les médecins testent en effet de nouveaux moyens de berner le système immunitaire humain et de sauver un plus grand nombre de ces patients dits " hautement sensibilisés " ( à très haut risque de rejet , hyperrimmunisés ) , grace à des organes prélevés chez des donneurs vivants - la formule considérée comme étant optimale .
Ces travaux prometteurs sont menés à un moment ou le système national américain de distribution des organes aborde une importante restructuration . Ces deux démarches combinées devraient permettre de réduire le temps d ' attente d ' une transplantation rénale .
Aux Etats-Unis , plus de 77.000 personnes sont inscrites sur une liste d ' attente pour un rein prélevé sur un cadavre . Pourtant , chaque année , moins de 17.000 transplantations sont réalisées , soit environ 10.500 à partir de donneurs décédés et un peu plus de 6.000 à partir de donneurs vivants , des parents ou amis qui donnent leur organe à un patient spécifique . L ' attente peut durer jusqu ' à quatre , voire cinq ans , et plus de 4.000 patients de la liste meurent chaque année .
Pour réaliser une transplantation d ' organe , il faut commencer par rendre compatibles les groupes sanguins et tissulaires du patient avec ceux du donneur . Les médicaments anti-rejet sont si efficaces que les antigènes du système tissulaire peuvent ne pas correspondre parfaitement .
Mais le rejet par l ' intermédiaire d ' anticorps dont souffrait notamment Cynthia Preloh représente une menace bien différente . Dans ce cas , le patient est de plus en plus " sensibilisé " : son corps fabrique des anticorps qui s ' acharnent à attaquer la plupart des reins . Quelles en sont les causes ? La grossesse , les transfusions sanguines , une transplantation antèrieure , l ' augmentation du temps passé sous dialyse rénale . Un temps d ' attente plus long favorise la sensibilisation : c ' est un cercle vicieux .
Plus le taux d ' anticorps est élevé , plus il est difficile de trouver un rein immunologiquement compatible . L ' objectif est donc de débarrasser le receveur des anticorps spécifiquement dirigés contre le donneur et de l ' empecher d ' en fabriquer encore . Pour cela , on peut filtrer son sang avant de lui transplanter l ' organe , une technique appelée plasmaphérèse . On peut aussi lui injecter une immunoglobuline par voie intraveineuse , un mélange d ' anticorps anti-infectieux qui fait que les groupes tissulaires ordinaires prennent le dessus sur les mauvais .
Ces traitements expérimentés dans quelques hopitaux des Etats-Unis se diffusent lentement . Ils sont par ailleurs insuffisamments puissants pour nombre de patients hyperimmunisés . Pour ces derniers , les médecins testent depuis peu un médicament anti-cancéreux utilisé dans le traitement du lymphome ( cancer du système immunitaire ) , le Rituxan . Il combat le lymphome en tuant certaines cellules productrices d ' anticorps .
L ' été dernier , des chercheurs du Cedars-Sinai ont publié les premiers résultats d ' un travail préliminaire dans le " New England Journal of Medecine " : selon eux , le Rituxan a permis de réduire les quantités d ' anticorps suffisamment pour que 16 patients sur 20 puissent etre transplantés , et tous les reins sauf un fonctionnaient toujours un an après .