BACHELOT TENTE DE RASSURER LES MEDECINS , MAIS LEUR RECLAME DES EFFORTS
Samedi 20/09/2008
AFP
Bachelot tente de rassurer les médecins , mais leur réclame des efforts
La ministre de la Santé , Roselyne Bachelot , a tenté samedi de rassurer les médecins inquiets face à la réforme du système de santé , mais elle les a aussi sommés de régler rapidement la question de la démographie médicale et des dépassements d ' honoraires .
Face aux cadres du principal syndicat de médecins libéraux , la CSMF , réunis à Cannes pour leur université d ' été , Mme Bachelot a fait montre de pédagogie , détaillant certains aspects de son projet de loi " Hopital , patients , santé , territoires " ( HPST ) , attendu courant octobre en Conseil des ministres .
" Il n ' y a aucune étatisation du système de santé " dans ce texte , a-t-elle martelé , répondant à la crainte exprimée par le syndicat .
La CSMF estime notamment que les Agences régionales de santé ( ARS ) , mesure phare de la loi , vont affaiblir le poids des négociations entre l ' assurance maladie et les médecins , qui régulent traditionnellement au niveau national l ' exercice libéral .
" Comment douter de mon attachement à la relation conventionnelle qui unit les professionnels de santé libéraux à l ' assurance maladie ? Je défendrai toujours son principe " , a assuré la ministre .
Mme Bachelot a garanti que les prérogatives des ARS qui " pourront contractualiser " au niveau régional avec les médecins , n ' impliqueraient " en aucun cas la fin de la liberté d ' installation " . Une liberté qui , a-t-elle suggéré , aurait en revanche tout à craindre si les socialistes étaient aux manettes .
La ministre a également promis que le budget 2009 de la Sécurité sociale ( PLFSS ) , qui sera dévoilé le 29 septembre , fixerait un objectif de dépenses ( Ondam ) " réaliste " pour les soins de ville .
Les quelque 300 membres parfois dissipés de l ' assistance , avaient chaussé des " sur-chaussures " blanches , pour symboliser leur mécontentement après une " année blanche " pour les médecins , c ' est à dire sans revalorisation tarifaire .
Ils ont aussi fait part de leur sentiment d ' etre stigmatisés , citant l ' exemple des sanctions financières prévues dans la loi HPST en cas de refus de soins , avec obligation pour le médecin de faire la preuve qu ' il n ' y a pas eu de discrimination en cas de plainte d ' un patient .
" Qu ' avons-nous fait pour etre ainsi traités ? " , s ' est interrogé le président de la CSMF , Michel Chassang , sous les applaudissements de la salle .
Mais la ministre n ' a fait aucune promesse de nature à enthousiasmer la CSMF .
Elle a au contraire confirmé qu ' elle souhaitait une baisse des tarifs de certaines spécialités comme la radiologie . Et elle a repoussé la perspective d ' une revalorisation rapide des généralistes à 23 euros , la subordonnant à la maitrise des dépenses et aux résultats des négociations conventionnelles qui doivent reprendre le 25 septembre .
La ministre a rappelé l ' injonction présidentielle d ' achever d ' ici la fin de l ' année ces négociations pour permettre une meilleure répartition des médecins sur le territoire et mettre fin aux dérives des dépassements d ' honoraires .
Sur ce dernier point , le gouvernement appuie la mise en place d ' un " secteur optionnel " , un nouveau système tarifaire qui permettrait de plafonner les dépassements ( fixés librement aujourd ' hui par les médecins en " secteur 2 " ) tout en garantissant une meilleure prise en charge par les complémentaires santé .
" Nous attendons que vous trouviez , collégialement , des solutions " , a insisté Mme Bachelot . S ' ils n ' y parviennent pas , " l ' Etat en tirera les conséquences et agira " , a déjà averti Nicolas Sarkozy jeudi .