LA COLLECTE DES MEDICAMENTS NON-UTILISES REFORMES PAR " SOUCI DE SECURITE SANITAIRE "

Publié le par BUREAU

Jeudi 04/09/2008

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La collecte des médicaments non-utilisés réformée par " souci de sécurité sanitaire "




L ' idée de donner nos médicaments non-utilisés à des pays en voie de développement s ' est avérée catastrophique sur le terrain . Désormais , ces médicaments seront détruits afin de préserver l ' environnement .

Après une polémique qui a duré plusieurs années et des débats houleux , l ' an dernier , à l ' Assemblée nationale et au Sénat , Cyclamed , le système mis en place par l ' industrie pharmaceutique pour recycler les médicaments , a finalement été réformé .

C ' est " par souci de sécurité sanitaire " , explique le ministère de la Santé , qu ' à partir du 1er janvier 2009 , les médicaments non utilisés et ramenés dans les pharmacies ne feront plus l ' objet de dons à des organisations humanitaires mais seront tous détruits dans des incinérateurs .

Un décret et un arreté parus au Journal Officiel le 18 aout ont précisé les modalités de cette réforme , votée en janvier 2007 par les parlementaires .

5% seulement de MNU sont réutilisés

Jusqu ' à maintenant , les médicaments non utilisés ( MNU ) que l ' on ramène à la pharmacie sont collectés par Cyclamed , association créée en 1993 par les industriels de la pharmacie . Bien que les campagnes de promotion de Cyclamed aient toujours insisté sur sa vocation humanitaire , la majorité des MNU collectés doit etre détruite car ils ne sont pas réutilisables . Une minorité - à peine 5% - est donnée à quatorze ONG partenaires de Cyclamed qui les utilisent soit pour l ' aide aux pays en voie de développement , soit par l ' aide aux exclus en France . A partir du 1er janvier prochain , tous les MNU seront envoyés vers des incinérateurs pour y etre détruits .

Au ministère de la Santé , on explique que l ' abandon des dons a été préconisé par un rapport de l ' IGAS ( Inspection générale des affaires sociales ) de janvier 2005 ainsi que par une recommandation de l ' Organisation mondiale de la Santé ( OMS ) " .

" En effet , explique le ministère , outre les risques liés à la rupture de la chaine pharmaceutique , les MNU exportés constituent un danger potentiel , principalement en raison de leur inadaptation fréquente aux besoins , du risque de détournement qu ' ils présentent , et de l ' obstacle qu ' ils peuvent constituer à la mise en place des politiques nationales se santé " .

Un assainissement indispensable

Pour nombre de professionnels de l ' aide humanitaire , comme Pharmaciens sans Frontières-Comité international ou le Réseau Médicament et Développement ( Remed ) , c ' est un assainissement du système qu ' ils appelaient de leurs voeux depuis longtemps . Car l ' idée de redistribuer des médicaments à des pays en voie de développement s ' est avérée , dans la pratique , source de trafics et de problèmes supplémentaires pour ces pays .

Le rapport de l ' Igas soulignait notamment que les MNU collectés en France ( beaucoup de psychotropes , antidépresseurs , médicaments contre l ' obésité ou le cholestérol ... ) ne répondent pas aux besoins des populations destinataires qui souffrent essentiellement de maladies tropicales ( paludisme , onchocercose , dengue ...) .

De plus , ce sont souvent des médicaments inconnus des professionnels locaux et dont les notices sont rédigées dans une langue qu ' ils ne connaissaient pas . Avec à la clé toutes les erreurs possibles . Les MNU sont aussi souvent périmés ou très proches de la date de péremption ou bien dégradés par des conditions de conservation insuffisante .

Ainsi , en 1995 , en Bosnie , l ' Union européenne a été obligée d ' acheter un incinérateur pour détruire tous les médicaments donnés pour aider les populations en guerre , rappelle Mathilde Chosseler de l ' association Remed . Le meme problème s ' est posé en 2006 lors du Tsunami avec les flots de MNU déversés sur la Thailande et sans aucun intéret dans ce pays leader de la fabrication de médicaments génériques .

Des dons sources de trafics

Les dons de médicaments , meme faits en toute bonne foi , " court-circuitent les systèmes locaux de controle d ' importation et de distribution des médicaments , alimentent ainsi les trafics et les ventes illicites " , ajoute Mathilde Chosseler . " Ces dons étaient plus dangereux qu ' utiles parce qu ' ils circulaient sans surveillance explique -t-elle au nom de Remed . Donner nos restes thérapeutiques à l ' Afrique relève d ' une vision archaique de l ' aide au développement " .
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