EDUCATION THERAPEUTIQUE : FAIRE DU PATIENT UN ACTEUR
Mercredi 03/09/2008
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Education thérapeutique : faire du patient un acteur
Un rapport propose d ' encadrer cette nouvelle pratique réservée aux malades chroniques .
Aujourd ' hui , 15 millions de personnes sont atteintes de maladies chroniques en France . Certains de ces patients ont déjà accès à ce que l ' on appelle dans le jargon médical une " éducation thérapeutique " .
Nombre de diabétiques , par exemple , peuvent bénéficier d ' une " semaine d ' éducation " animée par une équipe de médecins , diététiciens , podologues , infirmières .
Objectif : apprendre aux patients à mieux gérer leur maladie , à devenir plus autonomes et à réduire le risque de survenue de complications et d ' aggravation de leur pathologie .
L ' éducation thérapeutique a des effets très positifs sur la qualité de vie des patients , comme l ' ont montré des études menées en Suisse et en Belgique , deux pays ou cette pratique est très développée .
Elle devrait faire son entrée officielle dans le paysage sanitaire français dans le cadre de la loi " Patients , santé et territoires " qui doit etre discutée à l ' automne .
En effet , l ' enjeu en termes de santé publique est évident . C ' est pourquoi la ministre de la Santé , Roselyne Bachelot , avait demandé un rapport sur cette question .
Un rapport qui lui a été remis mardi et qui ne contient pas moins de vingt-quatre recommandations .
La rédaction de ce rapport avait été confiée au président du Comité interassociatif sur la santé ( CISS ) , Christian Saout , et aux professeurs de diabétologie Bernard Charbonnel et de santé publique Dominique Bertrand .
" Nous avons tenu à ce que l ' éducation thérapeutique fasse partie du parcours de soin et qu ' elle soit inscrite dans la loi " , souligne Bernard Charbonnel .
C ' est la raison meme de ce rapport : organiser et encadrer cette nouvelle pratique dans le système existant , lui assurer des financements , lui donner une visibilité et évaluer son efficacité .
Sanction financière
Les rapporteurs stipulent que le patient " est en droit de ne pas accepter un programme d ' éducation thérapeutique qui lui serait proposé " et qu ' un refus " ne pourra conduire à une sanction financière " .
Ils proposent que les maladies prioritaires soient le diabète , les pathologies cardio-vasculaires , l ' asthme et le VIH-sida .
Les rapporteurs ne considèrent pas " l ' éducateur thérapeutique " comme un nouveau métier , mais souhaitent " l ' acquisition de compétences spécifiques ( qui ) devront etre exercées au sein d ' une équipe soignante " .
Ils recommandent que la planification , l ' accréditation et l ' évaluation des équipes ainsi que le financement soient entre les mains des Agences régionales de santé ( ARS ) que la loi mettra en place .