QUATRE MOIS APRES LEUR CREATION , LES FRANCHISES MEDICALES TOUJOURS DECRIEES
Jeudi 15 mai 2008
AFP
Quatre mois après leur création , les franchises médicales toujours décriées
Plus de quatre mois après leur entrée en vigueur , les franchises médicales produisent leurs premiers effets en termes d ' économies mais continuent de susciter une forte opposition chez les Français , qui les placent en tete des mesures gouvernementales les plus impopulaires .
Le collectif national contre les franchises , qui regroupe plus de 70 organisations ( partis , syndicats , associations ) , organise vendredi une mobilisation nationale avec l ' appui de la CGT , avec l ' intention de s ' adresser aux assurés sociaux aux abords des caisses d ' assurance maladie .
Il veut continuer d ' attirer l ' attention sur la mise en place décriée , depuis le 1er janvier , de franchises de 50 centimes par boite de médicament et par acte paramédical , et de deux euros par transport sanitaire , dans la limite de 50 euros par an .
Cette nouvelle mobilisation , après celle du 12 avril , intervient alors que l ' assurance maladie fait des premiers bilans sur cette mesure , dont le gouvernement prévoit qu ' elle rapportera 850 millions d ' euros par an , destinés au financement du plan Alzheimer , de la lutte contre le cancer et des soins palliatifs .
" Nous constatons un +effet franchise+, c ' est à dire un infléchissement notable des dépenses remboursées de médicaments au premier trimestre " , a relevé mercredi le directeur de la Caisse nationale d ' assurance maladie ( Cnam ) , Frédéric van Roekeghem , dans un entretien accordé à la Tribune .
Selon M. van Roekeghem , cet effet " va au-delà de l ' effet direct et mécanique des 50 centimes d ' euro par boite de médicaments " . Il juge en effet " probable que les Français ont adopté une gestion plus parcimonieuse de leur pharmacie familiale " , vérifiant " qu ' ils n ' ont pas tel médicament avant d ' en faire l ' acquisition " .
Un phénomène qu ' interprètent différemment les opposants aux franchises . " En réalité , on voit de nombreux malades qui repoussent des soins ou qui y renoncent " , constate Christian Lehmann , médecin généraliste mobilisé au coté de Bruno Pascal Chevalier , malade du sida en " grève ds soins " contre les franchises .
" On se rend bien compte à la Sécu du mécontentement des gens " , dit Bernard Hesse , délégué syndical CGT d ' une caisse d ' assurance maladie dans les Hauts-de-Seine .
" Ils s ' aperçoivent sur leur relevé de remboursements que les nouvelles franchises s ' ajoutent aux anciennes " , explique t-il , en référence au forfait d ' un euro sur chaque consultation , également plafonné à 50 euros par an , au forfait hospitalier de 16 euros et à celui de 18 euros sur les actes techniques de plus de 91 euros .
Vendredi , des personnels de l ' assurance maladie doivent participer à la mobilisation du collectif contre les franchises , qui invitera les assurés à signer une pétition " déjà remplie par plus de 600.000 personnes " .
Comme pour chaque action de ce collectif hétéroclite , le degré de mobilisation est imprévisible , mais il preche en terrain conquis : dans un sondage OpinionWay publié début mai par Le Figaro , 72% des personnes interrogées se sont prononcées contre la mesure .
Au-delà de leur principe , les franchises sont également contestées sur leur utilisation . L ' AD-PA , qui regroupe 1.800 directeurs de maisons de retraite , a affirmé jeudi " que les franchises médicales ne financent pas pour l ' instant le Plan Alzheimer " , craignant qu ' elles " n ' aient pour seul interet de combler le trou de la Sécurité sociale " .
Une accusation rejetée par le gouvernement , qui a indiqué fin avril qu ' un rapport serait transmis à l ' automne aux parlementaires dans le cadre de la préparation du budget de la Sécurité sociale pour 2009 .
AFP
Quatre mois après leur création , les franchises médicales toujours décriées
Plus de quatre mois après leur entrée en vigueur , les franchises médicales produisent leurs premiers effets en termes d ' économies mais continuent de susciter une forte opposition chez les Français , qui les placent en tete des mesures gouvernementales les plus impopulaires .
Le collectif national contre les franchises , qui regroupe plus de 70 organisations ( partis , syndicats , associations ) , organise vendredi une mobilisation nationale avec l ' appui de la CGT , avec l ' intention de s ' adresser aux assurés sociaux aux abords des caisses d ' assurance maladie .
Il veut continuer d ' attirer l ' attention sur la mise en place décriée , depuis le 1er janvier , de franchises de 50 centimes par boite de médicament et par acte paramédical , et de deux euros par transport sanitaire , dans la limite de 50 euros par an .
Cette nouvelle mobilisation , après celle du 12 avril , intervient alors que l ' assurance maladie fait des premiers bilans sur cette mesure , dont le gouvernement prévoit qu ' elle rapportera 850 millions d ' euros par an , destinés au financement du plan Alzheimer , de la lutte contre le cancer et des soins palliatifs .
" Nous constatons un +effet franchise+, c ' est à dire un infléchissement notable des dépenses remboursées de médicaments au premier trimestre " , a relevé mercredi le directeur de la Caisse nationale d ' assurance maladie ( Cnam ) , Frédéric van Roekeghem , dans un entretien accordé à la Tribune .
Selon M. van Roekeghem , cet effet " va au-delà de l ' effet direct et mécanique des 50 centimes d ' euro par boite de médicaments " . Il juge en effet " probable que les Français ont adopté une gestion plus parcimonieuse de leur pharmacie familiale " , vérifiant " qu ' ils n ' ont pas tel médicament avant d ' en faire l ' acquisition " .
Un phénomène qu ' interprètent différemment les opposants aux franchises . " En réalité , on voit de nombreux malades qui repoussent des soins ou qui y renoncent " , constate Christian Lehmann , médecin généraliste mobilisé au coté de Bruno Pascal Chevalier , malade du sida en " grève ds soins " contre les franchises .
" On se rend bien compte à la Sécu du mécontentement des gens " , dit Bernard Hesse , délégué syndical CGT d ' une caisse d ' assurance maladie dans les Hauts-de-Seine .
" Ils s ' aperçoivent sur leur relevé de remboursements que les nouvelles franchises s ' ajoutent aux anciennes " , explique t-il , en référence au forfait d ' un euro sur chaque consultation , également plafonné à 50 euros par an , au forfait hospitalier de 16 euros et à celui de 18 euros sur les actes techniques de plus de 91 euros .
Vendredi , des personnels de l ' assurance maladie doivent participer à la mobilisation du collectif contre les franchises , qui invitera les assurés à signer une pétition " déjà remplie par plus de 600.000 personnes " .
Comme pour chaque action de ce collectif hétéroclite , le degré de mobilisation est imprévisible , mais il preche en terrain conquis : dans un sondage OpinionWay publié début mai par Le Figaro , 72% des personnes interrogées se sont prononcées contre la mesure .
Au-delà de leur principe , les franchises sont également contestées sur leur utilisation . L ' AD-PA , qui regroupe 1.800 directeurs de maisons de retraite , a affirmé jeudi " que les franchises médicales ne financent pas pour l ' instant le Plan Alzheimer " , craignant qu ' elles " n ' aient pour seul interet de combler le trou de la Sécurité sociale " .
Une accusation rejetée par le gouvernement , qui a indiqué fin avril qu ' un rapport serait transmis à l ' automne aux parlementaires dans le cadre de la préparation du budget de la Sécurité sociale pour 2009 .
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