FRANCHISES : LES FRANCAIS ACHETENT MOINS DE MEDICAMENTS SELON LA CNAM
Mercredi 14 mai 2008
AFP
Franchises : les Français achètent moins de médicaments selon la Cnam
Les Français consomment moins de médicaments sous l ' effet des franchises médicales instaurées au 1er janvier , a estimé le directeur de la Caisse nationale d ' assurance maladie ( Cnam ) , Frédéric van Roekeghem , dans un entretien publié mercredi dans la Tribune .
" Il est probable que les Français ont adopté une gestion plus parcimonieuse de leur pharmacie familiale : ils vérifient d ' abord qu ' ils n ' ont pas tel médicament avant d ' en faire l ' acquisition " , estime M. van Roekeghem .
Cet " effet franchise " dissuasif sur les comportements des assurés vient s ' ajouter " à l ' effet direct et mécanique des 50 centimes d ' euro par boite de médicament " acquittés par les assurés , qui a fait baisser le montant des remboursements de médicaments de l ' assurance maladie aux assurés sur les trois premiers mois de l ' année .
Selon les derniers chiffres de la Cnam , les remboursements de médicaments ont diminué de 1,8% au premier trimestre par rapport à la meme période en 2007 .
Depuis le 1er janvier , une franchise non remboursable reste à la charge des patients à hauteur de 50 centimes d ' euros par boite de médicaments et par acte paramédical , et 2 euros par transport sanitaire . Elle ne peut excéder un plafond global de 50 euros par an .
Le directeur de la Cnam a par ailleurs exprimé ses réserves à l ' encontre du " bouclier sanitaire " , un dispositif défendu par le Haut commissaire aux Solidarités actives , Martin Hirsch , pour corriger les effets des franchises sur les revenus modestes .
" Il ne s ' agit pas d ' une piste opérationnelle pour l ' année 2009 " , indique M. van Roekeghem , précisant que la Cnam ne pourrait pas " le mettre en place avant deux ans " .
Il " introduirait par ailleurs une modification importante des règles de prise en charge des soins " et " ne résout pas la question de la soutenabilité et de l ' efficience de la dépense de santé " , ajoute-t-il .
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le ministre du Budget Eric Woerth ont déjà exprimé ces derniers mois leurs réticences face à l ' efficacité et à la faisabilité de ce " bouclier " .
Interrogé sur la revalorisation de la consultation des médecins généralistes de 22 à 23 euros , le directeur de la Cnam a précisé qu ' elle pourrait avoir lieu " au plus tot début 2009 " , et qu ' elle serait conditionnée à des " contreparties " des médecins .
Il a mentionné la nécessité de " mesures qui tendent à favoriser la régulation des installations " de médecins dans les zones déjà bien pourvues , à coté des mesures incitatives à l ' installation prévues dans les " déserts médicaux " .