REDUIRE LE HANDICAP DU A UNE ATTAQUE CEREBRALE
Mercredi 26 mars 2008
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Réduire le handicap du à une attaque cérébrale
En France , 150.000 personnes par an sont touchées . L ' AVC est la première cause de handicap acquis .
La rapidité de la prise en charge à chaque étape peut réduire la mortalité et le risque de handicap , comme vient de le montrer le CHU de Dijon .
Les progrès de la médecine ne tiennent pas seulement à la découverte d ' une nouvelle thérapeutique , mais aussi à l ' amélioration des procédures de prise en charge , comme en témoigne l ' expérience du centre hospitalier universitaire ( CHU ) de Dijon .
En deux ans , ce CHU a été capable de réduire le taux de mortalité et le nombre de personnes handicapées après un accident vasculaire cérébral ( AVC ) , en travaillant étape par étape , du généraliste au brancardier , pour améliorer la rapidité des soins . Cette expérience devrait faire l ' objet d ' un article scientifique dans la revue américaine Stroke .
Chaque année , 150.000 personnes sont frappées en France d ' un accident vasculaire cérébral , favorisé par l ' age , l ' hypertension , le tabagisme , l ' hypercholestérolémie et le diabète . C ' est la première cause de handicap acquis .
Dans 80% des cas , cet AVC est consécutif à l ' obturation d ' une artère du cerveau par une thrombose ( un caillot ) . A la fin des années 1990 a été mis au point un médicament fibrinolytique qui , administré par voie intraveineuse , peut contribuer à dissoudre ce caillot .
La course contre la montre
Les essais thérapeutiques ont mis en évidence une efficacité incontestable en termes de réduction de la mortalité et du handicap , à condition que ce traitement soit mis en oeuvre moins de trois heures après l ' apparition des premiers symptomes .
Le patient doit aussi avoir moins de 80 ans , ne pas etre dans le coma et bien sur l ' ischémie cérébrale doit etre confirmée par l ' imagerie . Le nombre de malades bénéficiant d ' une telle avancée reste faible en France du fait du délai très court pendant lequel le médicament peut etre administré .
Le CHU de Dijon s ' est toujours particulièrement investi dans cette affection et a d ' ailleurs créé en 1985 le seul registre régional des AVC afin de suivre leur évolution au fil du temps et de mesurer l ' impact des thérapeutiques .
En janvier 2006 , le professeur Maurice Giroud , chef de service de pathologie neurovasculaire , partant du constat que le nombre de fibrinolyse pour AVC était beaucoup trop faible du fait de la lenteur des soins , a organisé pendant trois mois une formation de tous les acteurs impliqués , médecins généralistes , régulateurs du Samu , brancardiers , infirmières des urgences , laborantins , radiologues . L ' objectif étant que , dès l ' appel pour une personne frappée brutalement d ' un AVC , la chaine de transport , de diagnostic et de soins se mette en place sans perdre une seconde .
" Nous avons par exemple travaillé sur les mots avec lesquels les patients ou leurs proches décrivent l ' AVC ( il ne peut plus parler , il est paralysé , il se plaint de la tete . ) pour que le personnel paramédical des urgences qui les accueille parfois directement sans qu ' il y ait eu de transport sanitaire , soit capable de suspecter un AVC et d ' agir vite , explique le professeur Maurice Giroud .
On a été voir les brancardiers , un des maillons qui peut retarder l ' arrivée des malades dans les unités de soins neurovasculaires pour leur expliquer les enjeux d ' une prise en charge rapide . "
Fin 2007 , l ' évaluation d ' une telle action est faite et révèle que tous les délais ont considérablement diminué . Le taux de scanners faits dans les trois premières heures après les premiers symptomes est passé de 46% à 83% , le délai entre l ' arrivée aux urgences et l ' imagerie est passé de 87 à 37minutes , le délai entre l ' arrivée et l ' obtention des résultats biologiques est passé de 70 à 32 minutes .
Le nombre de patients ayant bénéficié d ' une fibrinolyse a été multiplié par trois . Le taux de décès à l ' hopital est passé de 12% en 2006 à 9% en 2007 et surtout le taux de patients handicapés après un accident vasculaire est passé de 60% en 2006 à 40% en 2007 .
" Deux facteurs sont importants en cas d ' AVC , la rapidité d ' intervention et l ' hospitalisation dans une unité neurovasculaire qui permet de réduire et la mortalité , et le handicap " , ajoute le professeur Giroud .
En mars 2007 , une circulaire imposait à tous les centres hospitaliers la création d ' une unité de soins neurovasculaires . Désormais , tous les CHU en bénéficient , mais il reste encore beaucoup à faire pour que tous les hopitaux en soient aussi pourvus , eux qui reçoivent la part la plus importante de patients dans notre pays . L ' exemple de Dijon prouve qu ' avec un peu de volonté , la course contre la montre qui se joue parfois en cas d ' AVC peut etre gagnée .