UN MALADE DU SIDA EN GREVE DES SOINS CONTRE LA FRANCHISE MEDICALE

Publié le par BUREAU

Un malade du sida en grève des soins contre la franchise médicale 



Il a la voix fatiguée , mais encore de l ' énergie à revendre pour dénoncer ce qu ' il appelle un " scandale " . En signe de protestation , Bruno-Pascal Chevalier a décidé de ne plus se soigner . Cet habitant de Morsang-sur-Orge , malade du sida depuis vingt ans et militant de longue date de l ' association Aides , est entré en guerre contre les franchises médicales . Ce dispositif entré en vigueur le 1er janvier dernier , implique que sur chaque boite de médicaments , 50 centimes sont à la charge du patient . Idem pour les transports sanitaires et les actes paramédicaux , le tout dans une limite de 50 euros par an . 

Pour réclamer l ' abrogation de cette " loi injuste " , il a stoppé médicaments , thérapies et tout examen depuis trois mois et envoyé un courrier à Nicolas Sarkosy . " Les malades de longue durée ( ils sont environ 8 millions en France ) sont donc condamnés à dépenser 50 euros de plus par an . Autant dire les choses : c ' est un impot supplémentaire ! " , s ' agace le quadragénaire , qui juge " honteux de culpabiliser les malades " . 

Pour Bruno-Pascal Chevalier , cette nouvelle réforme est " la goutte d ' eau " . Et d ' énumérer les différentes franchises déjà existantes . " La prochaine fois ce sera quoi ? " , s ' indigne le militant . 

Responsable du centre communal d ' action sociale ( Ccas ) de la ville , l ' homme trouve une motivation supplémentaire dans les cas qu ' il rencontre . " Je vois de plus en plus de gens qui ne peuvent plus se faire soigner , assure le travailleur social . Des personnes agées qui n ' ont pas les moyens de se payer des prothèses auditives , des mères de famille qui retardent leurs soins parce qu ' il faut bien nourrir les enfants ... " . 

Bruno-Pascal Chevalier le souligne , il ne veut inciter personne à faire comme lui . Mais rend public ce que font déjà , selon lui , de nombreux malades , par nécessité . Il est d ' ailleurs conscient des risques qu ' il prend pour sa santé , mais se dit " déterminé à aller jusqu ' au bout " . " Ce n ' est pas un acte suicidaire ou irresponsable , poursuit l ' homme , mais une démarche citoyenne " . 


Source : Journal LE PARISIEN du Lundi 07 Janvier 2008

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