L ' ACTION SOCIALE AURAIT PU SOUTENIR ANNE-LAURE DANS SON COMBAT POUR SES DEUX ENFANTS MALADES , ILS ONT PREFERE LES PLACER

Publié le par BUREAU

L.R. : Christelle , vous avez souhaité nous présenter une affaire que votre association " Le Fil d ' Ariane " défend et qui a de nombreux points communs avec la votre . 

C.L. : Oui , il s ' agit de Anne-Laure Magonie , 34 ans . Elle habite dans le Jura et ses deux enfants sont placés . Hélène a dix ans , elle est née en 19997 , Guillaume en 2001 . 

Trois semaines après la naissance du petit garçon , une allergie au lait manque de lui couter la vie . Vers l ' age de deux ans , le pédiatre fait faire des examens complets en raison d ' un retard de comportement chez l ' enfant . Guillaume a un strabisme . Une opération urgente lui évite d ' etre aveugle . Le pédiatre diagnostique ensuite une maladie génétique orpheline qui explique son retard . Nouveau drame , sa grande soeur de quatre ans son ainée , Hélène est emmenée d ' urgence à l ' hopital : radio , analyse d ' urine , écographie ... On annonce à Anne-Laure que sa fille a une tumeur aussi grosse qu ' une orange et qu ' il faut la transférer à Besançon ou les médecins sont plus qualifiés . 

Son mari est souvent absent à cause de son travail . Anne-Laure doit jongler pour s ' occuper de sa fille et de Guillaume qui a besoin de sa mère à temps plein pour ses soins . Elle demande de l ' aide , personne ne l ' entend . Fatigue , stress , angoisse dans l ' attente des examens de Guillaume qu ' elle attend depuis des mois . Quatre heures de transport par jour pour voir sa petite fille avec Guillaume hyper-actif et qui ne tient pas en place . Elle trouve une place à la maison des parents pour etre près d ' Hélène et pour permettre à Guillaume de voir sa soeur . Le médecin la convoque et l ' informe qu ' il a fait un signalement pour son fils . Anne Laure demande pourquoi ? Elle n ' obtiendra aucune réponse . Le lendemain , son fils est placé en pouponnière et elle ne peut plus voir Hélène que deux jours par semaine . Anne Laure ne peut donc plus accompagner sa fille quotidiennement dans sa maladie et la soutenir après ses chimiothérapies . 

En 2003 , le Tribunal lui reproche un manque d ' attention vis à vis de ses enfants , c ' est le choc , l ' indicible souffrance . Cette femme qui n ' a jamais baissé les bras ne comprend plus . Elle est anéantie mais continue à se battre pour ses enfants . En mars 2003 , Hélène est opérée .Sa mère réussira à etre présente . Quand Hélène quitte définitivement l ' hopital c ' est pour rejoindre son frère Guillaume dans la famille d ' accueil . Au début les visites ne durent que quelques heures puis ce sont des week-end et les vacances . L ' espoir revient mais ils reçoivent brutalement une ordonnance modificative : ce ne sera plus qu ' un week-end sur deux . Pourquoi ? Anne Laure fait appel . 

L.R. : Christelle , que s ' est-il passé avant cette audience en appel ? 

C.L. : Un matin de février 2005 , son fils , Guillaume , 4 ans fait une chute . Il a un hématome au front mais ne se plaint de rien de plus . Le soir , Anne-Laure le ramène à la nounou en l ' avertissant de la chute du petit garçon . Elle lui demande de le surveiller . 

Toute la nuit , le petit garçon va pleurer sans que la nourrice salariée par les parents ne réagisse . Le lendemain matin , elle appelle le médecin qui fait transporter l ' enfant aux urgences . 24 heures se sont écoulées depuis la chute de Guillaume et l ' arrivée aux urgences . Le médecin constate une fracture du poignet . Les services sociaux n ' auraient jamais du incriminer la jeune maman qui a averti la nourrice de l ' accident . Par contre la nourrice continue d ' exercer alors que sa responsabilité est totalement  engagée dans cette affaire . C ' est la nourrice qui a commis une erreur grave . Conséquences : droits de visites supprimés en Appel et remplacés par un droit de visite médiatisé pendant un an . 

L.R. : Pour les mamans de votre association est ce les memes douleurs ? 

C.L. : C ' est toujours les memes douleurs , les memes problèmes , une fois que les services sociaux ont ouvert la porte , vous n ' etes plus à l ' abri de rien . 

Lorène Russel 


Références : TOP ALERTE N° 7  SEPTEMBRE 2007
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