UNE VRAIE VIE D ' ENFANT , AVEC PLEIN DE SONS !

Publié le par BUREAU

Mardi 18 Septembre 2007 

Par Destination Santé 

Une vraie vie d ' enfant , avec plein de sons !


En France , la surdité congénitale frappe 1 enfant sur 700 à 1000 . Et à l ' age de 4 ans , deux sur mille souffrent de surdité évolutive . Des prothèses auditives aux implants cochléaires , les solutions techniques ont prouvé leur efficacité . Médecins ORL , audioprothésistes , orthophonistes , psychologues ... Tous ces professionnels coopèrent pour accompagner les petits ... et leurs parents . Seul problème mais il est de taille , il n ' existe pas en France de dépistage néonatal systématique de la surdité . 

" Nous sommes très en retard par rapport à d ' autres pays développés " , explique le Pr Noel Garabédian , chef de service ORL de l ' hopital Armand Trousseau à Paris . " En Belgique , par exemple , l ' age moyen de l ' enfant au moment du diagnostic est de 3 mois . Il est de 23 mois en France " . Aujourd ' hui , seuls les nouveaux -nés qui présentent des facteurs de risque de surdité sont soumis au dépistage . 

Or plus la surdité est diagnostiquée tard , plus le développement de l ' enfant sera problématique : retard dans l ' acquisition du langage , oral puis écrit , troubles du comportement , difficultés scolaires ou sociales et à terme , professionnelles . 

" L ' objectif du dépistage , c ' est de donner à l ' enfant toutes ses chances d ' autonomie sociale " , explique Noel Garabedian . Pour autant , la situation n ' est pas figée . " Une expérimentation est en cours dans 6 centres . Nous faisons actuellement le point sur la validité des tests et mesurons l ' efficacité d ' un éventuel dépistage systématique " . La décision de mettre en place un dispositif national pourrait ainsi intervenir début 2008 . 

En attendant , il existe d ' autres moyens . Et notamment l ' interrogatoire des parents . " Dans 10% des cas , ce sont eux qui découvrent la surdité de leur enfant . D ' ou l ' importance de bien les écouter et de ne pas passer à coté . A la moindre suspicion , il est essentiel que les parents obtiennent un rendez-vous en maternité " . 


Un langage à construire ! 

L ' enfant y passera différents tests . Si la surdité est confirmée , place à l ' ORL . Celui-ci réalisera de nombreux examens pour évaluer le degré de l ' atteinte : légère , moyenne , sévère ou profonde . Ensuite et en fonction de cette évaluation , il proposera soit des prothèses auditives ( pour une surdité légère ou moyenne ) soit des implants cochléaires . 

A ce niveau , d ' autres professionnels prennent le relais . L ' audioprothéiste et l ' orthophoniste , indissociables l ' un de l ' autre . Le premier va restaurer la communication et traiter les sons des paroles ; le second construira littéralement , le langage . Les parents participent activement à ces étapes . 
" Il est important de les impliquer dans la démarche de l ' appareillage " , souligne François Dejean , audioprothésiste du groupe Amplifion à Montpellier . 

La prise en charge de la surdité en effet , concerne autant les enfants que les parents . " Quand ils arrivent chez l ' audioprothésiste , la surdité de leur enfant leur devient subitement visible car il est appareillé . C ' est un moment à ne pas banaliser " , insiste Christine Toffin , orthophoniste à l ' hopital Avicienne de Bobigny ( Paris ) . 


En principe , pas de problème de financement 

A ce stade en effet , l ' orthophoniste rentre en jeu . Mais toujours en étroite collaboration avec l ' ORL et l ' audioprothésiste . " La première chose à faire , c ' est d ' apprendre à l ' enfant à faire la différence entre le bruit et le silence , puis entre les sons graves et aigus . Et ceci en jouant sur la complémentarité du visuel . En montrant Papa du doigt par exemple , et en insistant sur la syllabe ' pas ' . Notre mission est de construire le langage , d ' éduquer l ' enfant au son " . 

Dans ce monde ou il faut reconstruire , aider , soulager , expliquer , ou parfois la surdité est source de conflit parental , les contingences financières passent heureusement au second plan . Car souligne le Pr Garabedian , " si l ' Assurance-maladie rembourse 2.800 euros un appareillage qui revient à 4.000 euros , mutuelles et assurances complémentaires prennent en charge la différence . Des organismes comme les Maisons départementales des personnes handicapées offrent ( aussi ) des aides pour les familles en difficulté financière . Aujourd ' hui le frein financier n ' existe plus . C ' est une vraie avancée " .
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