SANDRINE BONNAIRE CEDE LA VEDETTE A SA SOEUR POUR " SORTIR L ' AUTISME DE L ' OMBRE "

Publié le par BUREAU

Jeudi 30 Aout 2007 

A.F.P. 


Sandrine Bonnaire cède la vedette à sa soeur pour " sortir l ' autisme de l ' ombre " 


" Gogol " ? Non , autiste . L ' actrice Sandrine Bonnaire filme sa soeur , Sabine , atteinte d ' une maladie " qui a longtemps cherché son nom " dans un premier documentaire à la fois intime et engagé , diffusé sur France3 le 14 septembre . 

" Pendant longtemps , on n ' a pas su de quoi Sabine souffrait . L ' autisme n ' avait pas vraiment de définition . On disait + handicapé mental + . Il y avait aussi la honte , penser + on a quelqu ' un d ' un peu gogol + . Ce mot + gogol + revenait souvent . On n ' assumait pas d ' avoir quelqu ' un d ' un peu différent " , confiait Sandrine Bonnaire , dans un entretien à l ' AFP au dernier Festival de Cannes ou son film était projeté .

Fin 2001 , un diagnostic tombe enfin . Sabine a 32 ans , un an de moins que Sandrine : elle est " psycho-infantile avec des comportements autistiques " . L ' évaluation arrive bien tard car en 1996 , tout a basculé : le décès d ' un frère , un déménagement en province ont traumatisé la jeune femme qui est devenue violente envers elle-meme et envers les autres . Elle a été interné en hopital psychiatrique , y est restée cinq ans .

" Cet internement a constitué un déclic . L ' état de Sabine s ' est tellement dégradé à l ' hopital , elle y a perdu tellement de facultés mentales et physiques que j ' ai voulu retrouver son visage d ' avant en regardant les cassettes tournées durant nos vacances . La différence était terrible . Je me suis dit qu ' un jour , je ferai un film " , raconte l ' actrice .

Toute la construction du film s ' articule autour de ce contraste violent entre les images d ' hier , celles d ' une adolescente vive , cultivée , corps svelte , regard frondeur , et le tableau d ' aujourd ' hui : une femme à la voix de petite fille encombrée de son corps massif , de sa violence , de ses angoisses qui ne s ' expriment qu ' au gré d ' une élocution difficile .

" Faire un film sur ma soeur , quand on est actrice , j ' avais peur de tomber dans le + truc people + . En meme temps , il y avait la nécessité de parler de ce sujet . J ' ai été marraine de la journée de l ' autisme et j ' ai constaté combien de familles vivaient ce drame dans l ' ombre " .

La brutalité du parallèle entre le quotidien de Sabine avant et après son hospitalisation interpelle sur les défaillances de prise en charge de l ' autisme qui touche environ 40.000 enfants et adolescents en France . Depuis quelques années seulement , Sabine est accueillie dans un centre spécialisé ou elle tente de réapprendre tout ce qu ' elle connaissait .

" On est tellement protégé dans le métier d ' acteur . En tournant ce film , je me suis sentie utile " , commente Sandrine Bonnaire .

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Publié dans AUTISME

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