QUAND " L ' ELECTRICITE " SE MET AU SERVICE DE LA MEDECINE

Publié le par BUREAU

Quand " l ' électricité " se met au service de la médecine 

De nombreuses maladies de l ' estomac , du cerveau , du coeur ... sont traitées aujourd ' hui grace à des appareils d ' électrostimulation de faible intensité . 

Avril 2004 . Dans la suite d ' un grand hotel parisien , Jerry Lewis , le célèbre acteur américain , reçoit à la chaine , télés , radios et journaux . Pas pour la promotion d ' un film mais pour celle d ' un appareil d ' électrostimulation qui lui " a sauvé la vie " . 

Lutter contre la douleur 

Depuis des années , Jerry Lewis souffrait de douleurs dorsales qu ' aucun médicament ne pouvait soulager . On lui a implanté , en sous-cutané , un appareil dont les électrodes sont reliées à la moelle épinière . Le dispositif comprend également un boitier portatif . " Avec ce système , plus de douleur , explique-t-il . Je presse un bouton qui libère des impulsions électriques vers la moelle épinière , ce qui contrarie le signal de la douleur et calme le mal " . Aujourd ' hui, des appareils similaires sont proposés dans les centres anti-douleur des hopitaux français . 

Pallier les défaillances d ' un coeur trop lent 

Des millions de patients dans le monde vivent avec un appareil électrique pour corriger leurs organes défaillants . L ' aventure a commencé dans les années 1960 aux Etats-Unis avec le premier stimulateur cardiaque porté en bandoulière . Aujourd ' hui , les nouveaux modèles n ' ont plus rien à voir . Ils sont implantés , miniaturisés et pèsent 21 grammes . Mais le principe est le meme , comme l ' explique le Pr Le Heuzey , chef du service de cardiologie à 
l ' hopital Pompidou : " Le coeur est un muscle qui se contracte sous l ' effet d ' impulsions électriques naturelles . Chez certaines personnes , cette fréquence cardiaque est ralentie de l ' ordre de trente battements par minute , alors que la normale est à soixante . Cette lenteur va etre rectifiée par un stimulateur électrique " . 

Vivre avec la maladie de Parkinson 

Claude Lucas vit avec un autre type de pacemaker . Depuis l ' age de 40 ans , il souffre de la maladie de Parkinson avec son cortège de symptomes , dont les tremblements . " Les médicaments n ' y faisaient rien et ma vie devenait un calvaire " , se souvient-il . Implanté au niveau de la clavicule , l ' appareil est relié aux zones du cerveau qui produisent une activité électrique anarchique à l ' origine des tremblements " . Depuis , se réjouit-il , je peux conduire et danser sans risquer de faire trébucher ma partenaire . 

Rétablir les fonctions de l ' estomac 

Chez les personnes souffrant de paralysies de l ' estomac , la stimulation électrique permet de suppléer l ' activité musculaire défaillante . C ' est le cas de Martine , dont le diabète a provoqué un ralentissement de la fonction de vidange de son estomac . L ' équipe du Pr Pierre Ducrotté ( CHU de Rouen ) lui a implanté un pacemaker gastrique qui libère des impulsions et rétablit cette fonction . " Depuis cette intervention , j ' ai repris gout à l ' existence et je n ' ai plus les symptomes qui me pourissaient la vie " . 

Traiter l ' incontinence 

Autre indication , le traitement des incontinences urinaires ou anales , souvent taboues . Lorsque les traitements ( rééducation , médicaments , chirurgie ) sont inefficaces ou mal tolérés , le pacemaker vésical peut etre une solution . Le principe est de pallier les défaillances du message naturel des nerfs par des impulsions électriques indolores pour le porteur . " Ca m ' a changé la vie , explique Dominique . Avant , j ' étais obligé d ' interrompre une réunion ou un entretien pour éviter des fuites devant tout le monde . C ' était l ' horreur . Aujourd ' hui , c ' est de la vieille histoire , je peux danser , courir , rire , sans retenue ! " . 

De nouvelles voies de recherche 

Des essais sont en cours pour plusieurs pathologies du cerveau : Toc , migraine, certaines dépressions , épilepsie , syndrome Gilles de la Tourette...
Les traitements électriques n ' ont pas fini de nous surprendre . 


Source :  Femme Actuelle N° 1188 du 02/07/2007 au 08/07/2007



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