Jeudi 27/11/2008
AFP
Nouvelle technique pour prévoir l ' évolution des attaques cérébrales
Une nouvelle technique de prédiction de l ' évolution des accidents vasculaires cérébraux ( AVC ) , à partir d ' images obtenues par une IRM conventionnelle , a été mise au point par des chercheurs français en collaboration avec des neurologues de l ' hopital Pitié-Salpetrière .
L ' AVC est en France la troisième cause de mortalité et la première cause de handicap moteur acquis de l ' adulte ( paralysies , troubles de l ' élocution , perte de la vision ) .
Cette nouvelle approche pourrait aider les équipes médicales à décider dans l ' urgence d ' une stratégie de traitement .
L ' apparition récente de médicaments " à effet thrombolytique " permet , lorsqu ' une artère se bouche ( accident ischémique , 80% des attaques cérébrales ) , de résorber le caillot sanguin responsable de l ' obstruction .
Si la circulation sanguine n ' est pas rétablie très vite , les cellules du cerveau asphyxièes entrent dans un processus de dégénérescence , c ' est le mécanisme de l ' infarctus .
Baptisée NEURINFARCT , le logiciel mis au point par les chercheurs français permet d ' estimer , en quelques minutes à partir d ' une IRM ( imagerie par résonance magnétique ) conventionnelle , l ' étendue des tissus exposés au risque d ' un infarctus en cours de formation chez un patient victime d ' AVC .
L ' interet est de pouvoir sauver la zone qui reste viable , dite " pénombre ischémique " , grace à la thrombolyse , traitement d ' urgence de l ' AVC qui réduit le risque de handicap , mais comporte un risque d ' hémorragie .
Cette technique mise au point par le Laboratoire de neurosciences cognitives et imagerie cérébrale du CNRS et le service des Urgences cérébro-vasculaires de l ' hopital Pitié-Salpetrière ( AP-HP - Paris ) a été évalué sur près de 100 patients .
Les résultats publiés dans la revue spécialisée Radiology " indiquent que les performances obtenues par NEURINFARCT sont au moins aussi bonnes " que celles des méthodes existantes , qui nécessitent l ' injection intraveineuse de produits de contraste , a indiqué le CNRS jeudi dans un communiqué .
Le logiciel permet d ' analyser sur les images IRM les altérations de la mobilité des molécules d ' eau , très diminuées au coeur de l ' infarctus et légèrement perturbée dans la zone de " pénombre " . Ces dernières altérations ne sont pas visibles à l ' oeil nu .
Le logiciel est actuellement utilisé dans des protocoles de recherche clinique .